( 31 mai, 2009 )

LE POINT DE CROIX

Qui eut l’idée le premier de croiser 2 fils puis d’aligner toutes ces petites croix pour former un dessin?

 

Les fragments les plus anciens datent de 850 après JC et viennent d’Asie Centrale mais c’est au Moyen Âge que commence la véritable histoire du point de croix.

 

Il est prouvé qu’entre le Xème et le XIIIème, les châtelaines, dans leurs attentes interminables, copiaient au point de croix les motifs des tapis que leurs croisés de maris ramenaient d’Orient. Les broderies étaient des bordures ornementales, naturellement géométriques, des ourlets et des manches de vêtements masculins et féminins….. Mais ce mythe simplificateur semble un peutrop court. En effet, les échanges commerciaux avec l’Orient et la Chine, via la Route de la soie sont bien antérieurs puisqu’ils sont attestés dès le IIème siècle avant notre ère. Et l’or, la soie, les tapis parvenaient depuis longtemps déjà jusqu’en Occident.

 

D’autre part, le point de croix traditionnel, c’est à dire parfaitement maîtrisé par des siècles de pratique, on en trouve partout,non seulement en Europe, en Palestine, en Afghanistan, mais aussi en Afrique du Nord, chez les Coptes ( chrétiens d’Égypte ), en Inde et même en Chine, ( chez les Miao, vous connaisse? ) et à des époques reculées.

En conclusion, compte tenu de son extension géographique et de son ancienneté, il semble difficile de donner une date de naissance, même approximative, au point de croix.

L’expension du Pt de Croix en Europe

La Renaissance

 

Se caractérise, entre autre, par les grandes découvertes: l’imprimerie, le nouveau monde, par l’accroissement des échanges et des communications…..

 

Notre Pt de croix, lui aussi, se répand dans toute l’Europe et devient une des bases de l’éducation féminine, favorisé par l’Église, grande consommatrice de broderies pour ses ornements liturgiques et sacerdotaux.

Les jeunes filles s’exercent: grecques, fleurs, symboles religieux et héraldiques s’accumulent sur des morceaux de tissu, c’est ainsi que naît le sampler ou marquoir. Ces marquoirs restant dans le patrimoine familial finissent par former, au fil des générations de véritables encyclopédies.

On brode sur du lin avec des fils de soie, de laine, c’est un peu désordre car les motifs sont disposés au hasard, et ce n’est que peu à peu que les samplers s’ordonnent et acquièrent cet aspect de  tableau qu’ils auront plus tard.

Avec l’imprimerie, on peut copier

Vers 1500, commencent à circuler les premiers schémas imprimés qui viennent d’Allemagne et d’Italie; en France, en 1586 est publié  » la clef des champs « , ensemble de schémas contenant des motifs de fleurs et d’animaux stylisés.

Découverte de l’Amérique

A partir du XVIIe, nous parviennent du nouveau monde des colorants naturels, économiques et faciles à utiliser, qui permettent de teindre les fils en rouge. C’est une révolution car la couleur pourpre, découverte avant notre ère par les Phéniciens à  partir du murex ( coquillage méditerranéen ) était extrêmement onéreuse, donc réservée aux grands de ce monde.Et bien dès lors tout le monde peut faire comme les grands et utiliser le rouge: toutes les broderies au point de croix deviennent rouge sur fond blanc. Autre révolution: les femmes commencent à écrire et s’exercent sur leur marquoir en créant jusqu’à 6 alphabets différents. Autour de lettres, de fleurs, desymboles sacrés joliment agencés, le marquoir commence à prendre une forme de tableau.

Au XVIIIe, les dessins s’affinent et se compliquent; ils sont moins stylisés, plus réalistes, les premiers paysages apparaissent.

Les temps modernes

L’industrialisation, la Presse

XIXe, le point de croix est une passion féminine encouragée par l’école, c’est le passe-temps le plus prisé des dames de tout âge et de toute condition.

L’industrie produit les canevas Pénélope, qui, avec leur trame particulière, incitent à broder aussi à petit et de point.

1886: Thérèse de Dillmon, aristocrate viennoise, membre de l’Académie de la Broderie de l’Impératrice Marie-Thérèse, fondatrice d’une école de broderie avec atelier et publications, s’associe à Jean Dollfus, grand industriel  dud textile, dont la maison DMC perdure usqu’à nos jours. Traduite en 17 langue, l’encyclopédie deThérèse se vend à 2 millions d’exemplaires. Mais la fin su siècle voit la fin du pt dfe croix. Il disparaît au profit de points plus libres qui permettent de copier les volutes et fioritures de motifs Liberty, de plus, c’est la broderie blanche qui est à la mode et qui supplante tout.

XXe, l’ère du féminisme les femmes s’engagent dans les luttes du siècle pour l’égalité avec les hommes, les  » travaux de dames  » sont marginalisés, voire moqués.

Cest seulement à partir des années 80 que le pt de croix fait un retour en force, plusieurs facteurs peuvent expliquert ce revirement: plus de temps pour les loisirs, nostalgie de temps passé, industrie des loisirs créatifs, féminisme plus tempéré.

XXIe, clubs et expositions surgissent un peu partout en Europe: c’est un véritable coup de foudre…… et nous n’en sommes qu’au début.

 

 

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